Le mari de mon frère – Gengoroh TAGAME

Akata est bel est bien singulier parmi les éditeurs de manga en France. Politique, pression scolaire, environnement, corruption, et d’autres préoccupations de société… Même si son catalogue n’aborde pas uniquement ces sujets, une bonne partie des titres de cet éditeur montrent une orientation claire. Et on ne peut que saluer l’initiative d’éduquer et d’informer en plus de divertir.

Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé…” lorsqu’un ours bien bâti est tout poilu sonne un sa porte un beau matin. Même s’il attendait la visite de son beau-frère, la surprise sera tout de même au rendez-vous quand ce dernier tentera de la prendre dans ses bras. Mais n’est-ce pas un signe d’amour et de compassion pour nous autres occidentaux ? Ces japonais n’y connaissent décidément rien à la chaleur humaine. Quoi qu’il en soit, Mike, le beau-frère canadien et homosexuel de Yaichi, débarque dans sa vie bien propre de japonais moyen et va apporter un peu de lumière dans ce foyer.

Yaichi a perdu de vue son frère (jumeau) Ryôji, 10 ans plus tôt. Celui-ci est parti vivre au Canada alors qu’il venait de faire son coming-out à son entourage. Auparavant, il était très proche de Yaichi, mais depuis peu, quelque chose avait changé. Son frère ne le regardait plus comme avant…
Mais maintenant que Ryôji est décédé, Mike est venu au Japon afin d’en apprendre plus sur les racines de son défunt mari. Mais ce n’est pas forcément lui qui en apprendra le plus sur Ryôji. Yaichi va se rendre compte que depuis qu’il avait quitté son pays natal, ce frère qu’il pensait connaître mieux que quiconque était bel et bien devenu un étranger pour lui.

otouto no otto

Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Parlons un peu de Kana, la fille de Yaichi. Cet Yotsuba-like qui comme tout enfant est pur et a soif de connaissance, va oser mettre les pieds dans le plat et poser les questions que son père n’oserait jamais que se dire à lui-même. Et d’une certaine manière, par le biais de sa fille de Yaichi va s’informer sur l’homosexualité. Elle qui est fasciné par le personnage (dans tous les sens du terme) qu’est Mike. Et puis bon sang, c’est un étranger. Le tonton de Kana est un étranger !! C’est trop cool ! C’est comme une poupée géante et toute poilue qu’elle voudra montrer à ses amis. Elle l’adoptera immédiatement et s’en fichera de savoir si c’est bien ou mal pour un homme d’aimer un autre homme. C’est comme ça c’est tout.

Le mari de mon frèreMine de rien, Le mari de mon frère aborde ou va aborder plusieurs sujets qui sont assez rares dans la bande-dessinée japonaise : L’homosexualité bien sûr, le deuil ou encore la monoparentalité. Et tout cela est mise en forme par un dessin propre et dont on reconnaîtra aisément la patte de l’auteur (et son fétiche pour les poils et les hommes balèzes). La couverture est particulièrement soignée. De jolies couleurs et une édition propre, encore du beau travail pour Akata.

Je parlais d’éducation en début d’article et justement, Le mari de mon frère tape en plein dedans (Hum…). Il parle de l’homosexualité de manière à éduquer le lecteur qui, à l’image du personnage de Yaichi avoue lui-même être assez ignorant et qui va surtout se rendre compte qu’il jugeait sans savoir.

Le ton bienveillant de l’auteur transpire de sincérité et le message est beau.