[REVIEW MANGA] Jaco the galactic patrolman

On m’avait présenté Jaco the galactic patrolman comme une préquelle à Dragon Ball. En réalité il s’agit simplement d’une histoire se situant dans le même univers (comme toutes les œuvres de Toriyama) et se déroulant avant le début du manga culte. Donc, pour être clair dès le début, Jaco ne nous apprendra pas grand-chose sur l’histoire de Goku et ses amis. Certes, il est fait allusion à différents événements qui nous sont familiers et le “destin” de Jaco est lié en un point à celui de Goku. Cependant, le manga n’était pas forcément essentiel à la mythologie Dragon Ball.

Mais… Est-ce un bon manga ?FullSizeRender (2)

Jaco est un extraterrestre qui fait partie de “La Super Elite qui veille sur la paix de l’univers”. Il patrouillait tranquillement en direction de la Terre pour la mission qui lui a été confié. Alors qu’il regardait tranquillement un film à bord de son vaisseau, il heurte la Lune et s’écrase dans la mer. Heureusement pour lui, il ne tombera pas loin d’une île habité par un vieux monsieur, un scientifique qui fait ses recherches sur la manipulation du temps (Omori). Les deux énergumènes vont vite sympathiser et Jaco lui révèle que sa mission est d’empêcher un extraterrestre issu d’une race maléfique de détruire la Terre (*Wink* *wink*). Arrogant et maladroit, Jaco hésite également à supprimer la race humaine, elle qui est si malfaisante et néfaste pour sa propre planète. Mais Jaco va apprendre à mieux connaître ce peuple va changer d’attitude au contact du vieil homme.

Il n’y a pas beaucoup plus à dire à propos de ce manga, donc je vous laisse la surprise quant au déroulement de l’histoire.

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Une des premières choses qui m’ont marqué dès le début de ma lecture ce sont les trames qui sont bien plus présentes que dans Dragon Ball. Mais le dessin. Rah là là, ça fait tellement de bien de redécouvrir Toriyama. D’avoir de nouveaux dessins. Son style est resté le même. L’histoire est légère, même si on a droit à un petit passage dramatique sur l’histoire de Omori, mais il s’agit bien d’un gag manga. Il n’y a quasiment pas de combat ou d’action, mais c’est très agréable à lire et lorsque j’ai refermé le livre, j’étais plutôt satisfait de ce que j’avais lu. C’est simple, ça n’essaye pas de faire trop de fan service. Ça n’en fait pas trop. Les personnages sont attendrissants et l’on aurait aimé passer plus de temps avec eux.

Pour conclure : Est-ce que Jaco est ce qu’il manquait à Dragon Ball ? Non. Il aurait été décevant s’il avait voulu faire du DB, mais quasiment tous les personnages sont inédits (^_~) et on pourrait plus considérer “Jaco tgp” comme un spin off en one shot qu’en tant que “Les origines de Dragon Ball” comme l’annonce le sticker sur la couverture. C’est plutôt drôle, c’est superbement dessiné, c’est léger, c’est tout ce à quoi je m’attendais avant de le lire et ça m’a complètement satisfait de ce point de vue. Donc si vous décidez de lui laisser sa chance, gardez ça à l’esprit, lisez-le juste pour passer un bon moment. C’est déjà pas mal !

[REVIEW MANGA] La fille de la plage

La première fois que j’ai lu Inio Asano (à la sortie du Quartier de la lumière), j’ai immédiatement été frappé par son style particulier à contre-courant de la production de l’époque. Inio parle de la vie et souvent aussi de la tragédie qui fait de violentes irruptions dans le quotidien de ses personnages. Il parle de la vie, de l’amour, du mal-être, de la peur de vieillir, de l’innocence de l’enfance ou de l’égoïsme. Sans doute de tout ce qui est présent en lui et qui a amené à faire de lui ce qu’il est. Ce qui transpire de sa personnalité dans ses œuvres son des sentiments de doute, de peur d’être blessé et d’autodestruction. Du moins, c’est ce que JE perçois. Et quand je m’apprête à lire du Asano c’est ce que je m’attends à y trouver. Et c’est aussi pour ça que j’ai toujours répondu présent à chacun de ses mangas parus en France.

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Dès les premières secondes passées avec La fille de la plage, on y est. On reconnaît l’auteur de Bonne Nuit Punpun. Une histoire très simple, assez pour qu’on s’identifie à l’une ou l’autre des situations que l’on va y découvrir ou un personnage qui y sera dépeint. Et c’est l’un des gros points fort d’Asano. C’est universel.

Koume est une jeune fille au cœur brisé. Elle s’est rendu compte que le beau gosse qu’elle idolâtrait est un coureur de nanas. Et qu’il ne veut surtout pas qu’elle parle de leur aventure aux autres. Elle est aussi dégoûtée par les autres justement. Leur attitude. Elle ne veut pas se forcer à être ce qu’elle n’est pas pour être acceptée. Elle en a vraiment marre de tout. La vie c’est pourri.

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Isobe lui est amoureux de Koume depuis la 5ème. Il est plutôt gentil, donc Koume se dit qu’elle va coucher avec lui. Elle est sûre qu’il ne la rejettera pas lui au moins. Et puis elle a envie de se défouler un peu, de se vider la tête. Oui, Isobe essayera quand même de la convaincre de sortir avec lui, mais elle n’a pas la tête à ça. Entre eux, ce sera juste pour le sexe.

Seulement voilà, Isobe est brisé lui aussi. Son frère est décédé et il est le seul de sa famille à savoir qu’il s’agissait d’un suicide. Il partageait sa chambre avec ce dernier et il culpabilise de ne pas s’être rendu compte de son malaise avant qu’il ne soit trop tard.
Il se contente de la relation qu’il a avec Koume, au moins elle est près de lui et c’est tout ce qui lui importe.

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Sans rentrer dans les détails, ce non-couple va donc vivre ses aventures dans cette petite ville du bord de mer avec tout ce que le malaise de l’adolescence peut contenir d’exploration des corps et d’autodestruction. Puis un jour, pendant une de leurs escapades sur la plage, Isobe va trouver une carte mémoire. Tiens ! Pourquoi pas. Ce moment est montré très discrètement dans le manga, presque en arrière-plan. Mais il va s’agir pourtant du tournant de l’histoire.
Par une suite de petits événements, la fameuse carte mémoire va se retrouver dans les mains de Koume. Celle-ci découvrira qu’elle contient quelques photos de son ancienne propriétaire, une jeune femme tout à fait charmante. Isobe va carrément flasher sur la belle inconnue. Il va jusqu’à développer une certaine obsession pour elle. Quant à Koume, sa jalousie va peu à peu grandir et tout ce qui faisait “l’équilibre” de leur relation va s’écrouler. Elle va se rendre compte de ses sentiments pour lui tandis que de son côté, il s’enferme de plus en plus dans sa solitude et va agir de plus en plus dangereusement. Son âme est à la recherche d’une certaine rédemption.

Et c’est pendant un tsunami que tout sera balayé, lavé, dissous.

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Je reste volontairement assez vague sur la suite de l’histoire et sur sa conclusion. Chacun y trouvera ce qu’il voudra. Mais force est de constater que La fille de la plage n’est peut-être pas aussi sombre, ambitieuse ou profonde que peut l’être Bonne nuit Punpun, mais si je l’ai comparé en début de cet article à ce dernier c’est bien plus pour l’opposer à ce que peut être Solanin, par exemple, qui est bien plus joyeux dans sa conclusion. Disons donc qu’il se situe quelque part entre les deux. Asano dessinait La fille de la plage en parallèle de Punpun et je le voit un peu comme un moment de respiration que devait sans doute prendre l’auteur pour se sortir de temps en temps de l’abîme de noirceur qu’est son manga au garçon canard.

Pour conclure, est-ce que je conseille La fille de la plage ? Bien entendu. Mais je ne le conseillerai sans doute pas comme entrée en matière dans l’univers d’Asano. De toute façon quand on est fan, on ne peut que lui donner sa chance.

 

(Mention spéciale pour les passages qui parlent de la chanson Kaze wo atsumete du groupe happy end <3)

 

[FAST REVIEW MANGA] Je reviendrai vous voir

Voici ma première Fast Review dans lesquelles je parlerai d’œuvres pour lesquelles je n’ai pas forcément grand chose à dire, ou que je n’ai pas particulièrement appréciés. Format court et direct.

Ma lecture de Je reviendrai vous voir n’a pas été des plus aisées. Malgré l’histoire des plus simples – Un illustrateur de livre pour enfants part dans la région de Fukushima pour aider bénévolement au nettoyage après la catastrophe de mars 2011- à aucun moment je ne suis vraiment rentré dans l’histoire. Ce manga est un témoignage de l’illustrateur Nobumi et raconte cet épisode marquant de sa vie. Le problème c’est que tout du long, le personnage principal m’a semblé très antipathique et à aucun moment je n’éprouvais de la compassion pour lui. Il est plein de bonne volonté, mais il ne cherche que la reconnaissance de ses actes auprès de tout le monde. Et ce malgré ce qu’il veut faire croire, c’est ce qu’il en ressort. Certes, ce qu’il fait est tout à fait honorable, mais le fait que l’histoire ne se concentre que (ou quasiment que) sur son ressenti plutôt que celui des gens qu’il va croiser accentue cette impression.
Pour moi, la seule vraie qualité de ce titre est le dessin de George Morikawa.

D’autres célèbres auteurs ont apporté leur contribution à l’ouvrage, mais en dehors de Ken Akamatsu, je n’ai pas réussi à reconnaître les autres car je ne suis pas assez familier de leur travail.

On peut retrouver une interview croisée de Nobumi et Morikawa en fin de volume, mais à l’heure où j’écris ces lignes, je ne l’ai pas encore lue.

Pour conclure, j’ai été déçu par ce manga qui est peut-être trop cliché, par assez impliqué et sans doute beaucoup trop superficiel.

Désolé Akata… 🙁

[REVIEW MANGA] La maison aux insectes

Comme le dit Kiyoshi Kurosawa dans la préface de La maison aux insectes, lire Umezu c’est avoir l’impression de vivre un cauchemar.
Pour ma part, j’ai découvert l’horreur en manga avec Hideshi Hino et Kazuo Umezu. Puis très vite Suehiro Maruo et Junji Ito. Le mot “cauchemar” est ce qui définit le mieux le sentiment qui m’a accompagné lors de mes premières lectures de ces différents maîtres de l’horreur.
Peu d’œuvres horrifiques m’ont marqué comme Baptism ou L’école emportée. Et en mettant la main sur La maison aux insectes, j’espérais revivre une expérience similaire.

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Cet ouvrage contient 7 nouvelles d’Umezu publiées dans les années 60/70. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le ton est donné dès la première de ces histoires qui donne son titre au recueil. Umezu s’amuse à tromper le lecteur jusqu’au twist final digne des meilleurs épisodes de la Quatrième Dimension. Chaque histoire parle de couples qui vont voir leur destin mis à mal par l’introduction d’un événement fantastique. L’épouvante va pénétrer leur quotidien et le lecteur se fera manipulé par l’auteur par le biais de ces pauvres personnages au destin tragique…
Et comme toujours, le style graphique est au top et la terreur transpire des yeux des protagonistes avec cet auteur.

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Je ne vais pas en dire plus sur ces histoires car vu qu’elles sont d’une durée très réduite, il va être difficile de ne pas trop en révéler.
Sachez cependant que l’édition est, comme toujours avec Le lézard noir, de très bonne facture. À chaque fois qu’un éditeur publie une œuvre “patrimoine”, je ne peux que saluer l’initiative.

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[REVIEW MANGA] Your lie in April

À 11 ans, Kôsei Arima est déjà un virtuose du piano. Formé avec la plus grande sévérité par une mère qui lui inflige d’interminables séances de répétition, il écume inlassablement tous les concours nationaux, où son talent éblouit les juges. Mais le jour où sa mère meurt d’une longue maladie, il perd complètement la faculté de jouer de son instrument : victime d’un blocage psychologique, le jeune garçon n’entend plus le son du piano quand il essaie d’en jouer…
Quelques années plus tard, son chemin croise celui de Kaori, une violoniste dont l’approche de la musique diffère totalement de la sienne. Alors que Kôsei est une véritable machine qui sait restituer les partitions à la perfection, Kaori, elle, préfère s’approprier les œuvres et les réinterpréter à sa manière… La rencontre avec cette jeune fille au caractère explosif va bouleverser les certitudes de Kôsei et redonner un sens à sa vie !

Your lie in April a tout d’un shojo. La romance, les couvertures pastels, le dessin simple et épuré (mais joli et bien plus intense et détaillé pendant les scènes importantes comme les concerts par exemple). Mais peu importe la classification, l’important c’est le sujet. L’histoire. Avant même de commencer à lire ces deux premiers volumes, je ne peux m’empêcher de penser à Kids on the slope (Sakamichi no Appolo) qui traite également de musique et d’amour dans un milieu scolaire. Même sans comparer ces deux œuvres, je ne peux m’empêcher d’y penser. Quand on connaît la qualité du manga de Yuki Kodama, on a donc peur pour Your lie in April. “Aouch! Ça va être difficile de jouer dans la même catégorie…”

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Seulement voilà, Your lie in April maîtrise également son sujet.
L’histoire parle de quatre personnages, mais se concentre surtout sur deux d’entre eux. Kôsei est un jeune garçon extrêmement talentueux mais souffrant de plusieurs traumatismes. Le premier aura été causé par la surprotection de sa mère à son encontre. Cela lui vaudra d’être devenu un adolescent plutôt solitaire et très peu sûr de lui. Mais après la mort de cette dernière, Kôsei, qui a grandi dans un environnement très étouffant, sera livré à lui-même avec ses lacunes d’enfant n’ayant pas connu “la vraie vie”. Comment doit-il agir avec les autres ? La seule personne qui semble le comprendre au début est son amie d’enfance, Tsubaki, qu’il considère presque comme sa sœur. Cette dernière semble éprouver des sentiments bien plus fort à son égare, mais va-t-elle les garder pour elle éternellement ? Sa rencontre avec Kaori va pas mal chambouler notre héros. Elle qui a un caractère à l’opposé du sien va tenter de renouer Kôsei avec ce pour quoi il est le plus doué, le piano. Elle est violoniste. Il est subjugué quand il la voit jouer devant un public. Et c’est véritablement à ce moment précis qu’il tombera sous son charme. Il est fasciné par la façon dont elle vit la musique. À partir de ce jour, elle fera tout pour aider Kôsei à surmonter le mal qui semble peser en lui…

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Bourré d’humour et frais, Your lie in April arrive à nous faire entendre la musique qui semble bercer chacune de ses pages. De plus, Ki-oon nous offre la possibilité de découvrir et d’écouter les morceaux classiques dont il est question dans le manga via des liens mena à des vidéos en ligne et des QR code entre certains chapitre. Moi qui ne pouvait m’empêcher d’écouter du jazz en lisant Kids on the slope, je trouve que c’est une très bonne idée de leur part (mais peut-être que c’était déjà le cas dans l’édition japonaise). Cela rajoute une dimension supplémentaire à l’histoire. Les personnages sont attachants car en plus d’avoir des sentiments réalistes, ils sont très drôles.

La lecture est très agréable et l’on se retrouvera rapidement à la fin de ces deux premiers volumes, impatient(e)s de découvrir la suite de l’histoire.

Après le bouleversant A silent voice, je vous conseille également ce shonen sentimental qui fait du bien à ma mangathèque.

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Your lie in April a été adapté en anime et est disponible sur Wakanim. La série se terminera au 11ème tome et a été élue meilleur shonen lors du 37ème prix Kodansha en 2013.